Gaya Narendran

Son expérience TEDMED

Jour 1 – 14 novembre : « Conscience + Engagement = Changement » – Greg Asbed

Dès le début du premier jour, il était clair que cette série de conférences se démarquerait des autres événements du genre auxquels j’avais assisté. En entrant dans La ruche, j’ai tout de suite été saisie par le cachet visuel de la présentation des innovations. Le panneau à l’entrée, qui annonçait le thème du chaos et de la clarté, avait comme arrière-plan des œuvres peintes par des délégués, et les pages couvertures de livres hautes de 1,80 mètre donnaient l’impression de marcher parmi les récits.

Quand nous sommes passés de La ruche à la série de conférences « Making Waves » (« Faire des vagues »), j’ai su que nous aurions droit à des histoires des plus inspirantes. Rabiaa El Garani a parlé de ses relations personnelles avec d’anciens prisonniers de l’État islamique (ISIS) et du potentiel qu’a la sensibilité culturelle– un thème repris dans de nombreuses présentations – à apporter du réconfort dans les tragédies. En entrevue, le Dr Jerome Adams, directeur du Service de santé publique des États-Unis, s’est exprimé sur la crise des opioïdes qui sévit actuellement et sur la responsabilité du personnel soignant en ce qui a trait à la compréhension du milieu culturel de leurs patients. Ouvrant une fenêtre sur sa vie personnelle, il a parlé de son jeune frère, qui a connu des problèmes de dépendance, prouvant ainsi la valeur des expériences personnelles dans le travail.

À la fin du premier jour, une citation de Greg Asbed, cofondateur du Fair Food Program, m’a particulièrement marquée. Dans la conférence qu’il a présentée avec Gerardo Reyes, il a invité les membres du public à se rendre compte de leur pouvoir individuel. Chaque conférencier a puisé des récits axés sur la conscience et l’engagement dans son bagage personnel et a montré l’ampleur du potentiel de chacun à devenir un vecteur de changement dans sa collectivité.

Jour 2 – 16 novembre : « Je ne suis pas un joueur de basketball; je suis un travailleur humanitaire » – Dikembe Mutombo

La deuxième journée a commencé avec la série « Audacious » (« Audace »), où, en deux minutes chacun, des innovateurs ont présenté des technologies et éléments de modernisation propres à améliorer les soins de santé et leur accessibilité. Bien que cela puisse sembler court, chacune des présentations a su décrire l’une des principales lacunes du système actuel. Par exemple, il a été question du fait que la réfrigération obligatoire de nombreux vaccins complique leur transport vers les régions éloignées, et de nouvelles idées envisageables pour régler le problème. J’ai découvert que l’innovation en santé découle toujours de la représentation, quel que soit le profil des innovateurs. 

Les présentations qui ont suivi cette série ont parlé de « liens surprenants » et du « coût de la vie ». Nous avons eu droit à des conférenciers comme Dikembe Mutombo, qui a joué 18 saisons dans la National Basketbal Association (NBA) et bâti en 2007 un hôpital en République démocratique du Congo, son pays natal. Quand on lui a demandé pourquoi il consacre tant d’énergie au travail humanitaire, il a cité Nelson Mandela : « C’est entre nos mains ». La Dre Queen Dube, néonatologue œuvrant au développement de technologies pouvant sauver la vie de nouveau-nés dans des milieux aux ressources limitées, a, pour sa part, été catégorique : « tous les bébés méritent de vivre », a-t-elle lancé pour expliquer son retour au Malawi après sa formation au Royaume-Uni.

La deuxième journée de l’événement a été spéciale : les membres du public n’ont eu d’autre choix que de réfléchir aux iniquités et aux différences qui façonnent nos interactions dans les soins de santé. Les conférenciers et les innovateurs ont exigé que nous posions tous un regard net et inspiré sur ces problèmes.

Jour 3 – 17 novembre : « Qu’espérez-vous quand vous songez à l’avenir? » – Dr Steve Pantilat

Mon expérience à TEDMED a été extraordinaire; j’y ai acquis une conscience plus aigüe des iniquités et des lacunes qui caractérisent le domaine de la santé, ici et dans le monde. Cela dit, au lieu des angoisses et inquiétudes habituelles, j’en ressors avec un sentiment certain d’espoir et d’inspiration.

De toute évidence, des gens de partout travaillent de manière novatrice et efficace à améliorer la santé et le bien-être de toute la planète. En tant que médecin résidente canadienne de première année, j’ai tendance à me sentir plutôt petite dans le domaine de l’innovation en santé; on tend à penser que les problèmes de nos patients et de nos collègues sont trop importants pour qu’on puisse les affronter soi-même. Or, il y a toute une communauté mondiale d’innovateurs en santé qui a bel et bien commencé là. Sherry Johnson, qui a été mariée alors qu’elle n’était qu’une enfant, affirme que « des vies reposent sur le fait de briser le silence et de dire la vérité ». Les progrès que j’ai découverts à la conférence TEDMED prouvent bien que nous faisons partie d’une communauté mondiale et qu’il existe des organisations qui encouragent les médecins résidents, les professionnels de la santé et les patients dans leurs rêves d’innovation.

En revenant de la conférence, dans l’avion, c’était donc à cette question du Dr Steve Pantilat, conférencier TEDMED et visionnaire dans le domaine des soins palliatifs, que je réfléchissais : « Qu’espérez-vous quand vous songez à l’avenir? »


Dre Gaya Narendran

La Dre Gaya Narendran effectue sa résidence en pédiatrie à l’Université de Calgary. Elle travaille à l’Hôpital pour enfants de l’Alberta et s’intéresse vivement à la recherche et à la santé publique pédiatrique.

La plus grande innovation récente en santé selon Gaya Narendran
« Selon moi, la plus grande innovation en santé est l’idée de la médecine préventive, et plus précisément des vaccins.
Le concept des vaccins, qui repose sur l’inoculation d’un antigène, peut être étendu à toutes sortes de choses : par exemple, l’éducation préscolaire sur la pleine conscience et la méditation peut servir de “vaccin psychosocial” contre l’anxiété et le stress. Incroyable! »

Gaya Narendran